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 head bitch in charge.

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MessageSujet: head bitch in charge.    Lun 27 Juin - 10:23

roxanne, mayfair
and you’ll understand
why storms are named after people.

nom completroxanne diana mayfair.  la défiante prostituée de sting rencontre la perle de la royauté british. comme une prédestination, certains diront. le port de tête aristocratique et le regard lascif. dite roxie, car lorsqu'on à le claquement de talons pressé, une syllabe de plus est une syllabe de trop. mayfair, c'est carrément plus un nom, c'est une marque. smile for the camera, honey.  âge, date et lieu de naissance — roxie est née dans la canicule new-yorkaise il y a vingt-quatre piges. un vingt-neuf août, sous le signe de la vierge - fait dont l'ironie n'a jamais cessé de l'amuser. un ex-amant, étudiant en civilisations anciennes, lui a fait la remarque : "je ne serais pas si cynique, à ta place. la constellation de la vierge est liée au culte d'artémis. la belle chasseresse, protectrice des amazones, féroce déesse qui ne laissait jamais les hommes l'approcher. ça te rappelle personne ?" roxie ne l'a jamais rappelé. nationalité et origines — américaine blasée. fière démocrate et obamaniac, opposée aux armes à feu et mortifiée de voir trump grimper dans les sondages. "si le chimpanzé entre à la maison blanche, j'quitte le pays. je te jure." si même les pères fondateurs étaient originellement anglais, l'origine british des mayfair est toute proche. la branche maternelle étant localisée outre-atlantique, la marmaille a passé de nombreuses vacances scolaires dans la capitale anglaise. roxie s'y sent parfaitement chez elle - suffisamment pour avoir, via facetime, menacé sa granny de ne plus lui adresser la parole si celle-ci votait "leave". occupation, diplôme(s) et situation financière — après de ô combien coûteuses études de droit à la prestigieuse université de berkeley, (elle a été acceptée à brown, mais l'idée de vivre à 3000 miles de sa famille était trop douloureuse), roxie est actuellement en stage au sein d'un très sélect cabinet d'avocats. rien de terriblement gratifiant pour l'instant mais elle ronge son frein, attend patiemment son tour.  donne des conseils légaux à tous ses anciens camarades de classe qui s'imaginent avoir une idée révolutionnaire à mettre sur le marché. état civil et orientation sexuelle — henry james dirait de roxie que 'she feels in italics and thinks in CAPITALS.' elle n'a ni le temps, ni l'envie et encore moins le besoin d'être aimée, qu'on lui offre des fleurs ou lui cuise des spaghettis. les relations n'ont jamais été son truc, elle n'est même pas certaine de les comprendre. les seuls hommes qu'elle considérait comme dignes d'intérêt étaient ses frères, les uniques hommes de sa vie. les autres n'étaient bons qu'à éplucher leurs fringues du parquet et à quitter sa chambre fissa. mais ça, c'était avant. cela fait six mois qu'elle file la parfaite romance avec l'héritier du cabinet dans lequel elle travaille. ils affichent leurs glamours amours sur instagram et, pour les galas, prince charming assortit sa cravate à la robe de roxie. cela a surpris tout son entourage. pour une bonne raison, puisque leur couple est bidon. elle lui file l'alibi parfait, il est son ticket d'entrée aux hautes sphères du droit. donnant-donnant, comme toutes les relations dans sa vie. quartier résidentielcenter drive, le centre névralgique des hyperactifs. cela fait un an qu'elle a emménagé dans un dixième étage prétentieux, murs crème et art contemporain minimaliste. elle n'y est presque jamais, préférant squatter le salon de son frère, à deux pas, aller bruncher dans la villa familiale, et depuis peu utiliser son double des clés pour rendre visite à dani, qui pousse toujours un long soupir lorsque roxie inspecte subrepticement le frigo. "arrête de croire que je vais me laisser mourir de faim." traits de caractère — ambitieuse, arrogante, battante, excessive, intelligente, vive, loyale, observatrice, rancunière, matérialiste, bosseuse, impatiente, cynique, tenace. groupe — thirsty as fuck, le goût du luxe et l'ambition d'arriver au sommet par ses propres moyens. au milieu des requins, une lionne. hear me fucking roar.

DON'T FUCK WITH RICH PEOPLE OR THEY'LL FUCK WITH YOU
(oh, the glamourous) peut-être est-ce le fait d'avoir grandi dans l'opulence scintillante des médias, d'avoir partagé les bancs d'école avec les descendants d'illustres économistes. peut-être est-ce l'influence entrelacée de pinterest, de gossip girl et d'être celle qui a toujours eu tout à prouver. le fait est que roxie ne jure que par le luxe et ne s'en cache pas. si certains revendiquent leur goût des choses simples, le dieu des petits riens, roxie hausse des épaules couvertes d'une robe de chambre en soie indienne. huile de truffe, rouge à lèvres dior, vacances à careyes l'été et le chelsea londonien l'hiver, macbook air doré, veuve clicquot, you get the picture. elle refuse de s'avouer que ce tempérament de papillon de nuit attiré par la lumière est la raison même pour laquelle elle, qui pourtant crache sur l'élitisme qui hante la cage dorée des fortunes américaines, a fréquenté la plupart des héritiers entre le comté d'orange et les five boroughs, car cet aveu s'approcherait dangereusement de l'hypocrisie, et on n'a pas le temps pour la remise en question quand on partage son temps entre boulot acharné, famille, pilates, décortiquage de l'actualité, fausse relation et kick-boxing. (fuck love, give me diamonds) pas romantique pour un sou – dégoût qu'elle qualifie quant à elle de 'bon sens' – il semblerait que rox ait peur des sentiments comme certains ont peur de l'orage. quand ses amies tombent amoureuses, elle se ronge les sangs comme si on leur avait diagnostiqué un cancer du sein. les beaux sentiments lui donnent la nausée. au cinéma, elle préférera toujours bruce willis à katherine heigl, et elle a déjà supprimé des gens de sa liste d'amis facebook pour cause de sentimentalisme virtuel exacerbé. on la nomme cynique, elle se dit moderne. (run the world) accro à son agenda sur smartphone, roxie ne sait survivre à une telle frénésie professionnelle et sociale qu'en étant or-ga-ni-sée. même sa vie nocturne et ses expériences charnelles font partie d'un calendrier entretenu avec précaution. tout ce qu'elle entreprend suit un schéma préalablement prévu, et elle voue une haine sourde aux surprises, comme l'a tristement prouvé le grand birthday fiasco 2k14, ou la surprise party organisée pour elle par ses meilleures amies pourtant pleines de bonnes intentions. une seule chose prend le pas sur planning : sa loyauté. si ceux qu'elle aime ont besoin d'aide, même pour une futilité, rox se précipitera à la rescousse, c'est épidermique.  (i woke up like this) la peau de roxie est parfaite, mais ce n’est pas dû qu’à la génétique (certes, le fait que sa mère ait fait partie du classement des cent plus belles femmes du monde de people magazine deux ans de suite ne gâche rien) : roxie entretient un mode de vie extrêmement sain depuis sa venue sur terre, traitant son corps comme un jardin japonais. tout est question de douceur, de sobriété, de respect, de symétrie. elle boit deux litres d’eau et thé vert quotidiennement et mange énormément de légumes crus. ancienne capitaine de lacrosse de son école, roxie pratique désormais le pilates et le kick-boxing, dort une moyenne de sept heures par nuit, n’a jamais touché une cigarette. personne n'étant parfait, et la jeune femme étant le paradigme de l'overachiever, roxie a une relation étrange avec la nourriture. elle le nierait en bloc si quelqu’un soulevait la question, mais elle souffre d’un certain degré d’orthorexie. elle se nourrit bio, végétarien, sans sucres ajoutés, et vérifie scrupuleusement la provenance du moindre aliment consommé. pour elle, il ne s’agit que d’une préoccupation saine et vitale concernant ce qu’elle ingère, mais quiconque la connaît réellement se rend compte qu’il y a quelque chose d’obsessionnel, voire maladif, dans la façon dont elle contrôle sévèrement tout ce qu’elle mange. la seule substance sur laquelle elle exerce étrangement peu de monitoring, c'est l'alcool. elle n'abuse jamais, ou rarement, mais elle considère le chardonnay et les caïpirinhas du vendredi soir comme son seul vice, celui qui est nécéssaire à la stabilité des vertus.  (feeling myself) pour une première de classe sans merci, ex-valédictorienne et pour qui la réussite académique a toujours été la priorité, elle ne respecte pas son propre stéréotype en étant connue comme le loup blanc dans tous les endroits de la ville qui servent des vodka-fraises, et ayant déjà vu l’intérieur de la chambre d’une sacrée brochette de bachelors locaux. on l’imagine n’ôtant sa jupe que quand il y a des draps en coton égyptien à la clé, mais ça n’a jamais été un de ses critères. tout ce qu’elle demande, c’est des épaules parfaites et un pedigree impeccable. remarque, pas nécéssairement besoin de remplir la seconde condition si vous bénéficiez d'une mention très bien dans la première. (no scrubs) tu vas à l'église tous les dimanches ? next. tu crois que ta grande-tante décédée s'adressait à toi, mardi dernier, quand ta lampe de chevet s'est mise à clignoter ? tu crois aux ufos ? tu lis ton horoscope avec autre chose qu'un dédain évident ? next. scepticisme contemporain d'une intensité postmoderne, rox méprise ceux qui jurent par quelque chose de supposément "plus grand qu'eux". elle ne croit en absolument rien, si ce n'est en son propre pouvoir. l'ironie dramatique, c'est que son nihilisme dévot tient presque de la religion. (ain't your mama) roxie, c'est le girl power. la passion platonique envers ses amies, l'amour de sa fratrie. à douze ans, lorsque timothy kidd a passé un bras possessif autour de ses épaules pour la simple raison qu'ils s'étaient embrassés à sa fête d'anniversaire, le samedi précédent, la réalisation fut instantanée. les relations, merci mais non merci. les garçons, elle adorait les embrasser, mais elle abhorrait l'après. les obligations, alors que tout ce qu'elle voulait, c'était passer à un autre. de douze à vingt-quatre, rien n'a réellement changé. pour emprunter les mots d'un grand collectif de philosophie du début du siècle, aussi appelé les pussycat dolls : "i don't need a man to make it happen, i get off being free." les hommes, car ils sont terriblement prévisibles, veulent tous la percer à jour, résoudre l'énigme. la guérir. non, elle n'est pas une gosse de divorce. aucun traumatisme. non, elle n'a pas connu de relation tragique qui l'a rendue frileuse. cherche pas. roxie mayfair, c'est simplement la independent woman dont destiny's child te parlait. la dépendance à un autre être humain, elle comprend pas. autant dire que prétendre filer le parfait amour monogame, c'est un rôle de composition. a fortiori avec lui. qui a toujours le mot pour l'agacer et le sourire arrogant pour la faire sortir de ses gonds. si, officiellement, ses jours de papillonnage sont derrière elle, officieusement, roxie a simplement appris le délicat art de la discrétion. (bills bills bills) ayant été élevés dans la facilité de ceux qui ont toujours eu bien plus que ce dont ils avaient besoin, les enfants mayfair ont pourtant toujours connus la valeur du travail. de se poser des buts et de lutter pour les atteindre. de se battre pour ce qu'ils veulent. roxie ne pourrait jamais renoncer à son lifestyle extravagant, à ses entrées à la fashion week de new york, à ses dix voyages par an, à ses draps de coton égyptien. mais elle sait aussi qu'elle ne veut jamais rien devoir à son patronyme. contrairement aux rejetons des familles à chevalières qu'elle a toujours fréquenté, roxie veut gagner ses propres liasses. pur produit de l'american dream, elle a le culte du self-made man brûlé sous les paupières. volonté de fer, si elle n'est pas déposée au sommet, qu'à cela ne tienne. elle gravira les échelons en louboutins, et peu importe ceux qu'elle écrase sur le trajet. (BO$$) fière démocrate activiste, inscrite sur les listes de vote depuis qu'elle en a l'âge, roxie s'est originellement fait pousser une conscience anti-républicaine par pur esprit de contradiction. dans leur milieu, s'intéresser aux inégalités et au problème de chômage est une rareté et, fervente féministe, rox adore être, durant les galas et cocktails du comté, l'ongle sur le tableau. celle qui, avec faits vérifiables, chiffres et rhétorique impeccable, fait s'étouffer les vieux cons dans leur whisky cinquante ans d'âge. (ain't nobody fucking with my clique) il n'y a qu'une chose plus importante aux yeux de roxie qu'elle-même et son ambition. sa famille. loyauté exacerbée, elle est la gardienne des secrets, le féroce cerbère qui n'hésitera pas à te croquer si tu touches à un cheveu de ceux qu'elle aime. elle n'a jamais raté un seul récital de danse de dani, depuis que cette dernière a appris à marcher, et a dans son salon une étagère dotée d'un éclairage particulier, réservée aux écrits de lewis.


loving money more than people since '15:
 


Dernière édition par Roxie Mayfair le Mer 29 Juin - 11:42, édité 26 fois
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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Lun 27 Juin - 10:23

no mediocre
and if you ain't talking money,
what are you saying to me?



Citation :
"Serrez-vous les enfants ! Lewis, lâche la queue de cheval de ta soeur tout de suite ! … A droite, plus à droite, - l'autre droite, Wesley, chéri ! - on ne voit pas le Colisée. Encore un peu… Stop, c'est bon. Souriez… Merde, Dani, tu as fait tomber ton esquimau sur ta nouvelle robe ! [Lisa, enfin !] Je veux dire "zut, Dani". Zut zut. Okay, oublions, mets ta main sur ton ventre, ma chérie, qu'on ne voie pas la tache. Super, comme ça, voilà. Bon, souriez maintenant. […] POUR L'AMOUR DU CIEL LEWIS, QU'EST-CE QUE J'AI DIT AU SUJET DE LA QUEUE DE CHEVAL DE ROXIE ?"


DON'T GIVE ME A CAUSE TO USE MY CLAWS
Et quand ils lui demandent, car ils le font tous, pourquoi elle méprise tant les hommes, elle ricane. Le carillon des secrets ordinaires en sol mineur. Elle prend une longue gorgée de Mimosa, les épaules jetées en arrière pour dévoiler les clavicules, et repose son verre sur l'acier du comptoir dans un claquement sec. Elle répond, invariablement "parce qu'aucun d'eux ne m'a jamais donné de raison de ne pas le faire".  Mentalement, elle exclut du lot ses frères, car ils tiennent bien plus de dieux grecs que de simples mortels. Elle baisse le regard, le relève – et c'est le moment de l'amorce. Ils lui demandent, d'une façon plus ou moins subtile en fonction de l'individu, si elle désire un autre verre/passer la nuit avec eux/le grand amour. Elle penche la tête sur le côté. Invariablement, elle y pense.

Elle se revoit, un soir d'octobre, alors qu'elle avait treize ans. Beaucoup trop d'ombre à paupière violette, mais c'était un jour de fête, alors Maman avait dit oui. Le label pour lequel travaillait Papa venait de se rendre compte après quinze ans de bons et loyaux services qu'il méritait une fameuse promotion. Petits plats dans les grands pour accueillir les patrons et collègues. Elle ne se souvient pas de ce que le chef à domicile avait préparé. Mais elle se souvient de la moiteur. De la terreur métallique sur ses collants irisés. Elle avait tourné la tête lentement. Il devait avoir une cinquantaine d'années – ou autant qu'on puisse juger de l'âge des adultes, quand on est en pleine puberté. Il regardait droit devant lui. Et Roxie, elle, elle fixait cette main inconnue, cette main sale, cachée sous la nappe, cette main tachée posée mollement sur ses beaux petits collants. L'instant entre seconde entrée et plat s'était allongé jusqu'à devenir une existence. Maman avait peur de faire trop attendre les convives. Roxie, de lui.

Et quand ils lui demandent pourquoi elle méprise tant les hommes, elle se revoit à dix-neuf ans. Les lèvres ourlées du sourire en coin des premiers rendez-vous. Il avait une fine cicatrice sur la pommette droite et des épaules, oh des épaules… Elle n'avait bu qu'un verre, mais la fatigue lui avait donné l'impression d'en avoir bu dix. Tout ce qu'elle voulait, c'était rentrer chez elle. Tout ce qu'il voulait, c'était un peu d'attention. Elle avait chassé ses baisers, ses mains, jusqu'à ce que la chaleur dans la voiture ne l'étouffe. Elle avait voulu un peu d'air frais, un peu d'air frais et un peu de calme, mais la portière était verrouillée. "Matt…" avait-elle demandé. Il s'était collé un peu plus contre elle, soufflant son haleine chaude dans sa nuque. Elle avait idiotement continué à tirer sur la poignée, encore et encore. "Matt" avait-elle répété, et elle savait, elle savait qu'il avait entendu la peur dans sa voix. Mais il avait bu plus qu'un verre, et sa réalité s'était arrêtée à deux jambes et une minijupe. Lorsqu'il fit glisser sa main sur ses cuisses, elle lâcha la poignée. Elle avait retenu ses leçons. Quelques années plus tôt, au cours d'éducation sexuelle, c'était Roxie qui avait posé la question, et c'était Mrs Turner qui avait répondu "si ça arrive et que vous vous sentez en danger, saisissez son index et tirez-le aussi fort que possible vers vous, jusqu'à entendre le craquement. De deux choses l'une : soit la douleur l'arrêtera, soit il sera plus énervé. Mais lorsque vous le trainerez au tribunal et que l'avocat de la défense essaiera de faire croire au juge que vous en aviez envie – car il le fera – vous pourrez désigner son atèle et dire "est-ce que cela ressemble à des préliminaires, pour vous, Votre Honneur ?"  

Elle voit les coups sur la poitrine de son amie qui avait tenté trop tard de se cacher avec une serviette. Qui avait tourné la tête, les joues rouges. "Theo a eu une semaine difficile au boulot." Elle entend les sifflements, les rires, les compliments que l'indifférence a changé en insultes.

Et ils lui demandent pourquoi elle méprise les hommes ?
Please. Que peut-on bien faire d'autre avec eux ?


DAMAGED GOODS

alex 3.56 PM "rox, t'es libre ce soir ?"
alex 4.38 PM "bellinis au victoria lounge, 9PM. say yes"


"Alex, hm ? Charmant prénom," vint de sa droite la voix étouffée de Lewis, qui avait levé le regard de son bouquin pour offrir à sa soeur un sourire en coin, sourcil formant un angle à 45°. "C'est un ami ?" Roxie verrouilla l'écran de son iPhone du bout d'un index pressé, et fit tomber le téléphone dans son sac, ouvert sur ses genoux. Non, à l'évidence. Si partager un taxi et quelques gémissements qualifiait pour une amitié, elle recevrait nettement plus de coups de fil le jour de son anniversaire. "C'est personne," répondit-elle, voix nettement trop haute pour l'atmosphère de la salle d'attente. Trois paires d'yeux outrés par le bruit convergèrent vers l'analogique duo frère-soeur, même jambe droite croisée sur la même jambe gauche, même tête renversée contre le même poster annonçant les dangers de la dépression vaginale. Et elle le pensait. Alex, ce n'était personne. L'expérience lui disait qu'elle devait s'attendre à une question, un commentaire ou un rire amusé – tentative noble de se concentrer sur les futilités pour désamorcer la tension de l'attente - mais l'intention fut interrompue par deux mots énoncés avec tonitruance. "Roxanne Mayfair." Ils résonnèrent longtemps dans le cube aseptisé. Ou peut-être était-ce une construction mentale due à l'angoisse ? Six syllabes étirées à l'infini. Beaucoup trop de consonnes. La susmentionnée Roxanne Mayfair et son grand frère - ("non mais vraiment, je peux y aller toute seule, Lewis," "Je t'accompagne. Point.  Ça t'avait l'air d'être une question ?") - se levèrent d'un seul mouvement, sans échanger un regard. Au revoir le badinage, car personne n'ignore qu'il faille craindre les résultats lorsque le médecin tient à vous les donner de vive voix. Roxie n'était pas alarmiste de nature. On ne s'inquiète de rien quand on a réponse à tout. Elle savait pertinemment qu'une perturbation de cycle pouvait être entièrement causée par le stress – et Obama sait qu'avec ses finals et l'échéance de son rapport de stage approchant, la thèse du surmenage était cohérente. Tout ce qu'elle souhaitait, à ce stade, c'était la fin des malaises à répétitions. Deux mots comme un couperet clinique : ménopause précoce. Le cuir bas-de-gamme des chaises couinait. Roxie maintint sa bouche en un inébranlable croissant intéressé. Elle ne faillit même pas lorsque le gynécologue sortit ses schémas, ni quand la main de son frère rejoint la sienne, posée sur sa jupe crayon et serra ses doigts entre les siens. Il y avait deux pendules de Newton sur le bureau, et les ouvrages dans la bibliothèque derrière le médecin étaient classés par taille et non par sujet. Quelle étrange personne.

"D'un point de vue statistique, c'est une bonne chose que ça tombe sur moi," dit-elle en bouclant sa ceinture de sécurité, précautionneuse à ne pas se coincer les cheveux sous la bande de nylon. "Franchement, s'il y a une personne d'ici au Colorado qui ne risquait pas de vouloir une grossesse, c'était bien moi." Elle savait que son frère la fixait, le malaise remplissait tout l'habitacle, mais Roxie s'occupa à fourrager dans la boîte à gants à la recherche d'un paquet de chewing-gum sans sucre. La clé tourna dans le contact. "Pense un peu à la tranquilité que ça implique." Clignotant pour quitter le parking. "Ça me fait penser, je t'ai dit que je fais un discours pour un gala sur les droits des femmes. On pourrait y aller ensemble. Pourquoi pas embarquer les deux crapauds et en faire une sortie familiale ? Car ça risque d'être royalement chiant, sans vous."
Vingt minutes plus tard, la voiture s'arrêta péniblement devant l'immeuble de Roxie. "Tu es sûre que tu ne veux pas qu'on passe la soirée ensemble ? On peut aller voir les parents et -" Les mains de son frère, qui avaient fait naître tant de vie au dessus du clavier d'un laptop, étaient toujours sur le volant, prêtes à redémarrer dans la seconde si l'ordre en était donné. Roxie eut un mince sourire – mais c'était son frère, pas un inconnu en blouse blanche, alors celui-ci mourut bien vite sur ses lèvres. Elle hocha la tête obstinément, répandant le parfum de son shampoing, amande et noix de coco. "Je vais bien. Ne te tracasse pas pour moi." Lewis laissa échapper un soupir moitié convaincu. "Je sais, Rox. Je sais. Tu ne me laisses jamais le faire." Par habitude, la jeune femme se pencha, déposant un baiser léger sur la joue de son frère. Elle voyait dans les plis entre les ses sourcils qu'il souhaitait la rassurer d'une manière ou d'une autre, lancer quelques mots sur le tableau de bord pour partager le fardeau, mais elle n'avait rien envie d'entendre. Dans ce petit bureau, entre deux pendules de Newton et deux frangins presque identiques, tout avait été dit. Roxie claqua la portière en sortant.

roxie 6.18 PM "fuck le victoria lounge. t'es chez toi ?"

Elle avait quelque chose à se prouver. Qu'elle avait encore vingt-trois ans, peut-être. Qu'elle était indestructible, sans doute. Elle ne lui laissa pas le temps d'ouvrir la bouteille de vin qu'il était allé acheter en vitesse à l'épicerie du coin. Elle ne lui laissa même pas le temps d'aller jusqu'à la chambre. Ils roulèrent sur le tapis du salon, et c'était plus violent que la dernière fois. Le soleil se couchait à travers les stores, et quand les cris cessèrent, il faisait froid. La respiration d'Alex était tonitruante, et elle voulut lui hurler de la mettre en sourdine. A la place, elle se leva et éplucha son pull du plancher. Il se redressa sur un coude et l'observa longuement. Alors qu'elle enfilait le vêtement, il lui souffla "Je crois que je t'aime." Roxie leva les yeux au ciel. "Oh, la ferme." Et ramassa sa jupe crayon.



Citation :
"Ronan, comment tu trouves mon maquillage ? J'ai peur que ça fasse légèrement trop 'Demoiselles d'Avignon' et pas assez 'La Naissance de Vénus', you know ?"
"Je m'en fous royalement. Grouille, ou on va être en retard."
"Excuse-moi de vouloir être présentable pour tes parents. Alors laisse-moi prendre mon temps, ou je leur parle de ta java nocturne de hier."
"Va au diable."
"On va chez toi, ce soir, non ?"
"..."
"Moi aussi je t'aime, sweet pea."





Dernière édition par Roxie Mayfair le Mer 29 Juin - 11:50, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Lun 27 Juin - 10:25

la citation !!!!!
anyway, tu nous réserves du lourd j'ai l'impression !
eh puis, emwatz
bienvenue
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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Lun 27 Juin - 10:27

EMMAAAAA Trèèèès bon choix.
Bienvenue parmi nous. I love you
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Leo Whitelaw
i caught playing in the fire, did you feel at home?
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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Lun 27 Juin - 12:33

Ce début de fiche et le perso qui s'annonce.
Bienvenue parmi nous, et je réserve a belle Emma pour 5 jours.

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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Lun 27 Juin - 13:30

bienvenue à toi !

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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Lun 27 Juin - 16:49

la petite soeur mayfair, emma            
mon dieu ce début de fiche me vend du rêve.
bon courage pour ta fiche.
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Cat Gallagher
do you have an IQ higher than 180?
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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Lun 27 Juin - 18:05

Bienvenue officiellement sur ISWC.

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she laughs too much and doesn’t cry enough, and that suffocated sigh between her laughs tells you how scarred her soul is.
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James Ashcroft
All you got is this moment, twenty-first century's yesterday.
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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Lun 27 Juin - 20:18

Bienvenue parmi nous I love you

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- maybe you're the same as me, we see things they'll never see, you and i we're gonna live forever.
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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Lun 27 Juin - 20:22

@koa, ce pseudo merci beaucoup pour les compliments, faut que je sois à la hauteur !
@klaas, merci, et je te renvoie le compliment !
@leo, c'trop gentil surtout que t'as bon goût, vu le choix d'avatar et laura welsh
@talia, thks
@lewis, tout ça c'est grâce à toi et à tes pré-liens de folie
merci le bro, hâte de rp entre mayfair !
@cat, merci beaucoup  
@james, gracias ! I love you
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Ray Whitelaw

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Avatar + © : margot robbie (@clau)
Pseudo : tyrells, arianne aka the queen of temptation.
Age : twenty-eight yo.
Activité : bitching till the world end.

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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Lun 27 Juin - 23:12

Le personnage, le pseudo, Emma
Bienvenue I love you
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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Mer 29 Juin - 12:33

merci beaucoup
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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Mer 29 Juin - 19:43

bienvenue et bonne chance pour ta fiche
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Leo Whitelaw
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MessageSujet: Re: head bitch in charge.    Jeu 30 Juin - 13:30

Parfait, bon jeu.

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head bitch in charge.
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